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encore...
Dieu répond...
 


L'AUTOMNE

L'automne est avancé, les feuilles sont tombées, le ciel gris et brumeux voit mourir lentement la nature, qui fait pleurer les oiseaux.

Sous le couvert des pins et des chênes, l'air sent bon la mousse et le champignon.

Plus loin, les châtaigniers laissent choir leurs fruits.
Quelques oiseaux, tristement, égrènent leur chapelet de misères en vocalisant, la tête penchée.

La nature va vers son deuil.

Les feuilles, que les pieds foulent, bruissent mélancoliquement au rythme de la cloche, qui, au loin, sonne l'angélus.

L'angélus pour la nature, pour les bêtes qui agonisent, touchées par une balle cruelle, pour les cerfs qui brament, pour les arbres dénudés, pour la vie qui, lentement, s'enfuit...

Le jour descend lentement. La nuit vient. Le faon d'un an s'abreuve au ruisselet qui chante mélancoliquement sa complainte languissante. Un lièvre fuit au terrier, poursuivi par un renard affamé.

L'écureuil regagne sa demeure, emportant quelques glands pour remplir ses réserves. Les limaces et les escargots se promènent, menacés par le bec d'un oiseau gourmand, sur le chemin que tapissent la mousse et les feuilles.

La cloche maintenant sonne le glas, le glas de l'automne qu'on enterre, du cerf qui a été tué au cours de la chasse, ainsi que du sanglier qui, lui aussi, est mort ; des limaces qu'a avalées l'oiseau glouton, de la nature dénudée, morte, de la vie qui a déserté la forêt...

L'oiseau chante les dernières notes de sa complainte, le cerf brame une dernière fois, la cloche tinte encore, doucement, pour s'arrêter. Tout redevient calme, tout est mort.

La nature est en deuil...

© Clementia
1968

 



L'EVEIL DE LA FORÊT AU PRINTEMPS

Gaïa, encore humide, sort toute transie
De son long et paisible sommeil hivernal
Sous la douce chaleur de Phébus revenu.
Si la plupart des arbres sont encore nus
De jeunes pousses percent sous le vieux tapis
Des feuilles mortes, seul souvenir automnal.

Les fourrés complices froufroutent et frissonnent
D'une agitation frétillante et mystérieuse,
Le ciel bleu pur, serti d'un soleil éclatant,
A mon regard joyeux paraît éblouissant.
Tout près de mon oreille une abeille bourdonne :
Préparerait-elle sa queste généreuse ?

Après le long hiver la faune se réveille
Tous les oiseaux, d'arbre en arbre, de place en place,
S'interpellent joyeusement et se répondent.
Des insectes variés font de bien folles rondes ;
Cette bien fébrile activité m'émerveille :
Sont-ce des farfadets qu'ils suivent à la trace ?

Sur les vieilles branches se craquelle l'écorce,
Se préparant à donner naissance bientôt
Aux frais et clairs bourgeons, à la douce feuillée.
L'arbre ne tendra plus ses appels déployés
Vers les cris des geais, pies, corneilles et corbeaux...
Dans les rameaux la sève redonne la force.

Le merle et la merlette construisent leur nid,
Les senteurs de l'humus fleurent bon l'herbe chaude,
A la douce tiédeur, même mon cœur frissonne...
Saison des amours, chacun est d'humeur friponne !
Maintenant dans mon cerveau fou la rime rôde
Ce jour de printemps m'apporte la poésie.

Dans le lointain, des chiens j'entends les aboiements,
Cris et bruits de la ville et des moteurs qui grondent.
Mon pas se fait plus lent et doux sur les brindilles,
Pour ne pas les faire murmurer, ni briser
Cet instant si magique, mis à part du monde...
Ah ! Que cette beauté dure éternellement !

© Clementia
18 mars / 22 mars 2005

 




châtaigniers ardéchois
AUX CHEMINS DE LA TRADITION

Durant des siècles, des frères se rassemblaient
Méditaient, apprenaient, dans le plus grand secret,
Car la sagesse que dans leur coeur ils serraient
N'était destinée ni aux porcs ni à la laie...

Dans le secret de sombres grottes profondes,
Au calme divin de lointaines clairières,
Les frères blancs étudiaient des Mystères
Qui éclaireraient et changeraient le monde.

Transmuter le plomb vil en or étincelant,
D'une pierre brute faire un cube lisse,
Laisser l'âme parler, oeuvrer au Service,
Quitter les ténèbres, être toujours plus blanc :
Les erreurs, les superstitions, les épreuves
Jalonnaient de risques ce sublime sentier...
D'intolérants bourreaux envoyaient au bûcher
Des Parfaits et des Purs, accusés sans preuves...

Bravant sans cesse toutes les difficultés,
La Tradition, fidèle, se transmettait
Visible mais cachée, voilée dans le secret,
Inébranlable restait la Fraternité.

Par-delà les temps et sans prendre une ride
Les Mystères et les secrets se sont transmis
A ceux qui furent dignes, tous les vrais amis,
Restant cachés à tous les fourbes avides.

Maintenant que tant de Maîtres et de frères
Ont tracé les chemins de la Tradition,
Suivant leurs flambeaux, prenons la décision
De porter toujours plus haut la Lumière !

© Clementia
1984

 



ECRIRE

Libérer tous les mots
Captifs de mon cerveau
Sortant de leur prison
Comme l'or en fusion

Les laisser s'envoler
Comme des papillons
Des graines d'espérance
Pour calmer la souffrance

Dénombrer tous les pieds
Sur mes doigts les rythmer
Et chercher quelles rimes
Pourraient être sublimes

Ma plume a caressé
Doucement le papier
J'ai ainsi déposé
Réflexions et idées

Pour ne pas oublier
Pouvoir les retrouver
Et aussi les laisser
A la postérité

© Clementia
24 octobre 2005

 




 
PUISSE-T-IL ME RESTER
ENCORE ASSEZ DE TEMPS...

Regardant les ans qui sont déjà derrière
Je ne sais jusqu'à quand je serai encor là
Mais les jours passés ne me laissent pas fière
Je suis encor enfant mais on compte sur moi...

Ici-bas, il y aurait tant à apprendre,
Tant de gens à aimer, et tant à découvrir,
Tellement à faire, tant d'amour à rendre,
Pourtant nous savons tous que nous devrons partir.

Adulte, j'ai encor besoin de protection,
Pourtant j'ai tant de soucis sur mes épaules.
Terre grise et froide... J'ai besoin d'affection.
Ah ! vivre ici-bas est une dure école !

Les travaux que je remets sans cesse à demain,
Quand demain est passé, me restent les projets...
Et moi je reste assise, à croiser les mains,
En sachant que demain passera comme un jet.

La chair de ma chair que j'essaie de protéger,
Ces chers enfants sous ma responsabilité,
Ne le savent-ils pas, que je n'ai pas changé,
Que je n'ai pas trouvé toute la liberté ?

Sais-tu que même adulte on est encor enfant,
Et qu'on passe toute sa vie à apprendre,
Mais pour apprendre quoi, et pourquoi, et comment,
Et à quel idéal, et vers quel but tendre ?

Car ma vie je la passe à apprendre à vivre,
Et mon âme essaie de s'élever, de grandir,
Tournant sans arrêt les pages de mon livre...
Mais je sais que comme tous je devrai partir.

Puisse-t-il me rester encor assez de temps,
Pour servir, et aider, et pour vivre d'amour,
Pour apprendre la vie, son pourquoi, son comment,
Enfin me fondre en Dieu, à jamais, à toujours.

© Clementia
1984

 



PARTIR...

Partir sans bruit
Sans cris et sans éclats
Sans larmes, sans fracas
Tout doucement laisser
La porte se fermer
La chandelle s'éteindre
Et se faire oublier
Avoir tout préparé
Pour ne pas leur manquer

Quand la page est tournée
Et la vie terminée
Simplement s'en aller
Vers la sérénité

© Clementia
11 juin 2005

 



CHRONOS EST PASSE...


Chronos qui revêt mon front de rides
M'a aussi offert des expériences
Ouvrant un chemin vers la sagesse.
En passant, il flétrit mes possibles.
Couvrant de neige ma chevelure
Il pose un voile sur mes désirs.

La nuit obscure au désert aride
M'apportait de longs mois de souffrances,
Tiraillée entre ascèse et ivresses...
La paix ne me semblait plus possible :
Le monde n'était que tas d'ordures,
Partout que cris, larmes et soupirs.

Chronos, en ses caresses torrides,
Enveloppait mes années d'errance.
En moi grondait l'envie de caresses.
Vanités, ou quête pitoyable,
Fausses amours, vraies déconfitures,
Seule ou en foule, où est le pire ?

Mon cœur souffrant ressentait un vide :
Vie sans amour, la désespérance,
Le dégoût de toute mon espèce...
Pourquoi donc me sentais-je coupable ?
Comprendre la leçon... C'était dur
D'interrompre une course au plaisir.

Chronos, tout près, me guettait avide
Et sur moi la chape de souffrance
M'invitait à la molle paresse ;
Je ne voulais plus ouvrir de bibles...
Seul me guidait un gardien si pur
Pour me montrer comment m'en sortir.

Des mois, des ans, pour faire le vide,
Pour trouver des signes d'espérance,
Pour me bâtir une forteresse
Et renoncer aux doutes terribles.
Dans l'Aube d'Or, un matin d'azur,
Trouver enfin la joie de sourire.

Chronos a fait son œuvre et les rides
Sont stigmates joyeux d'expérience.
J'ai enfin un regard de tendresse
Sur mon passé. Tout est possible :
Le bateau a refait sa voilure,
Devant moi, il reste un avenir.

© Clementia
15 janvier 2006

 




Dans les bras de Maman
MAMAN

Il y a de cela déjà bien des années
Sur le berceau où je dormais tu te penchais
Ton souffle suspendu tu écoutais le mien
Et pendant mon sommeil ta main prenait ma main

Un peu plus tard tu surveillais mes pas
Emmerveillée que j'aie un peu grandi déjà
Tu me gardais du feu ou tu pansais mes plaies
Tu chantais pour moi tu m'apprenais à parler

Puis par toi les livres devinrent mes amis
A l'âge de l'école j'apprenais la vie
Insupportable je te désobéissais
Tu m'aimais aussi quand je te faisais pleurer

Mon adolescence m' a beaucoup déchirée
Un fossé ou un mur entre nous se trouvait
Tu avais bien de la peine et moi aussi
J'étais amère d'avoir si vite grandi

A mon tour je suis devenue une maman
Attentive aussi nuit et jour à mes enfants
Et j'ai commencé à beaucoup mieux te comprendre
Voyant qu'avec toi je n'étais pas souvent tendre

Quand un enfant est grand et qu'il a tout compris
Il aime mieux celle qui lui donna la vie
Maintenant qu'adulte j'ai enfin tant appris
Du fond de mon âme je dis "Maman merci".

© Clementia
1988

 


 

 

 




 

 

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